Le commerce de la santé

Santé & Commerce

Il me semble utile de vous préciser encore ceci...

Détox, tarte à la crème… et poule aux œufs d’or !

La détoxination, de même que la détoxification (deux notions légèrement différentes), sont à l’origine deux concepts et pratiques séculaires spécifiquement naturopathiques.

Disposant chacune de ses indications et contre-indications, bien codifiée par les naturopathes, elles font même l’objet d’une des 4 cures naturopathiques majeures et se trouvent, dans cette approche, intégrées harmonieusement dans une stratégie plus globale d’hygiène de vie saine…

Étaient conviendrait-il d’écrire aujourd’hui, tant la folie détox a littéralement envahi les journaux, les magazines, les livres, les forums,… et les rayonnages des magasins !
Révélé et popularisé par quelques célébrités au tournant des années 2000, le commerce s’est emparé de l’affaire, et la méthode, en un instant, a connu un succès planétaire. La belle aubaine !
Consécration d’autant plus immense que la détox s’inscrit aussi très utilement dans les protocoles de pertes de poids dont on connaît l’engouement.

Il en résulte qu’aujourd’hui ce terme est devenu tellement banal et galvaudé qu’à part quelques praticiens traditionnels, personne ne sait ce qu’il recouvre exactement, quelles en sont ses indications et contre-indications, ni ses limites et les précautions à prendre. Et tout en ignorant/oubliant complètement que la détox de l’esprit s’avère – surtout de nos jours – tout aussi cruciale que celle du corps…

L’on pratique maintenant la détox par cartons entiers, à tour de bras, à toutes les sauces, à tort et à travers… tout au long de l’année ! Plus rien ne semble pourvoir stopper la frénésie et hérésie détox.

Et si ces pratiques sans discernement, si ces abus pouvaient ne pas avoir de conséquences fâcheuses en matière de santé, je n’en parlerai pas ici. 

Les médecines naturelles de plus en plus infiltrées et dévoyées par le matérialisme et le consumérisme

Un comble – une injure ! – pour des approches, des pratiques par principe, par définition aux antipodes même de ces « valeurs » modernes !

Ce que l’on fait est important, certes, mais la conscience, l’esprit dans lequel on le fait se révèle plus important encore.

En matière de santé et de soin (également), qualité et quantité font rarement bon ménage.

À l’instar des massages bien-être, l’irrigation du côlon est, elle aussi, devenue victime de son succès.
En effet, il suffit pour cela seulement d'observer toutes ces offres sensationnelles grouponnées et florissantes, plans et autres deals d’enfer… qui rivalisent depuis quelque temps sur le web et pour lesquels le plus souvent la qualité du soin et la formation du praticien sont à la mesure du tarif proposé. 

Cf. aussi la page « Irrigation du côlon », paragraphe L'irrigateur ne fait pas l'hygièniste tout comme l'habit ne fait pas le moine.

Même si elle est fashion, tendance, est-il judicieux de shopper - par seul écran (publicitaire !) interposé - une irrigation du côlon comme on shoppe un pack de yaourts, un livre de décoration, un dîner au restaurant du quartier, ou même une coupe de cheveux ? Seriez-vous prêts, demain matin, à shopper ainsi vos rendez-vous médicaux ? Un commerçant peut-il aussi facilement vous soigner qu’un professionnel de la santé pourrait vous vendre un savon magique ou un rasoir électrique ? Et au fait… que diriez-vous - et feriez-vous - si votre praticien habituel se mettait àdealer lui aussi… ? Applaudiriez-vous sans réserve ? Vous frotteriez-vous les mains devant la belle aubaine ? (…)                          

Notons aussi, depuis quelques années, le jeu pour le moins étrange et ambigu – sinon maladroit – de certains auteurs - hyper prolixes - de lettres et bulletins d’information se clamant, à grands renfort de titres, de références et d’évènementiels du domaine de la santé non conventionnelle et des médecines naturelles. Personnellement je ne peux manquer de parfois m’interroger sur leurs motivations réelles.         
À suivre…         
(…)

Dis, c'est qui qui paye quand c'est gratuit ??


À grand renfort de publicité, les commerçants prennent le pas sur les praticiens
Le constat est des plus simples : prix low cost ⇒ rémunération low cost 

Dans le maelström de la mondialisation, de la dérégulation, de la compétition    
Comme le vantait jadis la publicité pour une certaine boisson… Ça y ressemble… mais ça n’en est pas… Oui, ça n’en est pas ! Et pour de vrai !

La mondialisation croissante, l’hyper spécialisation des métiers – et son corollaire, leur appauvrissement global –, la gadgétisation des besoins et les dérives mercantiles qu’elle entraîne, affecte substantiellement les médecines naturelles dans leur ensemble et les métiers de ses praticiens plus particulièrement. Ce ne sont plus vraiment les compétences professionnelles et humaines qui sont gages de réussite et de reconnaissance, mais les seuls talents commerciaux et/ou financiers. À chaque étape de cette évolution, la palette d’activité des praticiens s’appauvrit un peu plus et leurs compétences professionnelles tendent à se diluer et se restreindre toujours davantage.             

Ce mouvement structurel s’inscrit dans le droit fil des conversions opérées au sein du personnel des chaînes de production en Europe occidentale durant les années 1970-1980. Les ouvriers qualifiés - polyvalents - (OQ) ont été massivement remplacés par des ouvriers spécialisés (OS) – moins formés donc moins rémunérés – formatés pour ne réaliser que des tâches élémentaires ultra répétitives (mono-tâches). Ensuite eux-mêmes ont progressivement cédés la place à une armée d’habiles automates et de dociles robots. Les délocalisations et le dumping social qui ont suivi cette mutation industrielle ont fini par donner le coup de grâce à une partie substantielle de la main d’œuvre ouvrière salariale de nos pays occidentaux. En à peine deux décennies, son compte a été réglé, entraînant sur-formation dévalorisante et chômage massif. Depuis une vingtaine d’années c’est au tour du secteur tertiaire d’en faire les frais. Invariablement, suivant le même schéma et pour des raisons analogues, l’inexorable mondialisation avance en jetant ainsi des millions d’individus supplémentaires dans la tourmente et la misère. Et cette ubérisation etpopérisation galopantes de nos sociétés sont loin d’être achevées. Tous les jours, nous les voyons à l’œuvre. Le tout au bénéfice exclusif des actionnaires et profiteurs multimilliardaires retranchés dans leurs paradis artificiels.           

Ainsi par ex. les naturopathes – "généralistes" de la santé au naturel – voient, avec le temps, certaines de leurs activités traditionnelles reprises par tel ou tel "nouveau" "spécialiste" d’une sous-technique – voire d’une sous-sous-technique –, spécialiste qui n’aura cependant pas nécessairement – vraisemblablement pas – ni la somme des compétences ni l’étendue des connaissances du premier.

Très concrètement, pour les praticiens en irrigation du côlon, la tendance lourde est de passer d’un solide rôle d’accompagnement holistique à une simple fonction strictement mono tâche de vidangeur de l’intestin.
Comme il en est allé du Massage bien-être – aujourd’hui complètement marchandisé, dénaturé, pollué, frelaté –, l’irrigation du côlon est en passe, elle aussi, de devenir une profession - et une activité - totalement sinistrée (au moins en région parisienne).
L’offre progresse dix fois plus vite que la demande. La tendance aujourd’hui est à faire tout, n’importe quoi, n’importe comment… N’importe nawak … C’est devenu un Grand Bazar ! Et je ne suis pas sûr du tout que les clients puissent s’y retrouver dans cette jungle tant elle est confuse et savamment embrouillée.

Où s’arrêtera cette course absurde à la spécialisation, au fractionnement, au morcellement, à l’émiettement ? Quand cessera cette atomisation insensée des métiers ? Selon le bon mot, le spécialiste, l’expert, par définition n’est-il pas celui qui connaît tout… sur rien ?   

Petite illustration d’un épiphénomène de cette tendance…
En ce qui concerne les « planches » de nettoyage du côlon vendues toutes prêtes, autres perfect gadgets attrape-nigauds et solutions prétendument miraculeuses du même acabit qui, à grand renfort de publicité, se répandent sur internet comme traînée de poudre, les professionnels de la santé vous répondront sans façon qu’il s’agit là principalement de dispositifs peu ou pas efficaces – et au final fort coûteux, nonobstant leurs slogans – de malins opportunistes surfant habilement sur la vague de la santé, du bien-être et du naturel.
Dans tous les cas, ces gadgets ne remplacent aucunement les séances d’irrigation chez les bons praticiens. 

Ceux qui tirent les marrons du feu ne sont pas ceux qui les consomment.

Mercantilisme contre éthique et santé     

En avoir pour son argent

Ces logiques mercantiles et vénales, ces procédés commerciaux de masse qui toujours plus vendent et monnayent le bien-être comme une marchandise illustrent un peu plus la dérive progressive et lourde de la santé vers le commerce. À moins que ce soit le business qui vienne à la santé.
Alors comment dire ?… Business de la santé ou santé du business ? C’est tout comme l’on voudra. Le « capital santé » – auquel nous tenons tant ! – semble bien lui avoir mis l’eau à la bouche et il est à craindre que seul le premier terme l’intéresse. Notre - si précieuse - santé le vaudrait-elle bien ?!        

Non seulement, ces dérives marchandes introduisent un biais regrettable et produisent une distorsion préjudiciable à la qualité de la prestation impactant directement la clientèle et hypothéquant à terme l’avenir de la profession, mais de plus, elles ne peuvent - à juste titre - qu’alimenter l’argumentaire des détracteurs de l’irrigation du côlon et les conforter dans leur leurs charges indistinctes contre la technique et ses praticiens.
Situation d’enlisement et de pourrissement qui paraît visiblement bien arranger les franges extrêmes de ces deux bords, à savoir les praticiens-marchands d’une part, et les inconditionnels détracteurs des médecines naturelles, d’autre part. Au détriment - voire au préjudice - de son contingent de professionnels bienséants.

Il est des praticiens qui semblent hardiment ignorer - ou avoir oublié - que lorsqu’on exerce un métier, l’on engage aussi ipso facto toute la profession…     

Dans la confusion grandissante des genres, CES SITES MERCANTILES CONFONDENT TOUT BONNEMENT SANTÉ ET COMMERCE, SOIN ET MARCHANDISE, ÉCOUTE ET VIDANGE, ÉDUCATION À LA SANTÉ ET BUSINESS, RÉMUNÉRATION JUSTE ET EXPLOITATION SERVILE.

Et les praticiens (d’un nouveau type) - autrement en mal d’activité - qui y recourent, inaugurent l’avènement en France des très controversées « stations-service du côlon » qui défrayent la chronique outre-Atlantique.

Alors, verrons-nous bientôt des Colonic’s Drive fleurir en France – avec leur inévitable totem et leur incessant tam-tam ?… Au rythme de la déflation galopante des valeurs en cours, à quand donc les séances à 1 euro ?!

« Rien n’est jamais sans conséquence… en conséquence, rien n’est jamais gratuit. » (Confucius) (551 - 479 av. J.-C.)

À bon entendeur…      

Du « soin » (service) à la « marchandise »
Les usines à « soins »

Vendre une marchandise et facturer son temps ne sont pas tout à fait comparables…              
Si dans le domaine des biens manufacturés, les économies d’échelle permettent des baisses significatives des coûts de production lors de grandes séries (baisses pouvant être répercutées ou non sur le prix de vente), l’avantage concurrentiel est généralement beaucoup plus limité, voire seulement marginal dans le domaine des services, et il se trouve être infime, inexistant même, dans des activités de pure main d’œuvre comme c’est le cas pour l’irrigation du côlon.

On traite des difficultés des autres, ça oui, mais on ne fait pas fortune dans ce métier, qu’on se le dise !

En conséquence, appliquer les règles du hard discount dans ces petites activités de service est un parfait non-sens et envoiedirect l’imprudent prestataire au casse-pipe ! Qu’à cela ne tienne, le dealer (l’intermédiaire-groupeur), lui par contre, sans aucune prise de risque, s’en met plein les poches, et cela quel que soit le type d’activité ! C’est lui qui engrange. Vous ne rémunérez pas le prestataire, vous payez l’intermédiaire !

Qu’on le veuille ou non, la systématisation du low-cost et du hard-discount participe grandement à la ruine de la planète et de ses habitants ! Qu’on se le dise. 

Le « maillon faible » comme arme de guerre et de destruction massive 
Le moinscher à la conquête de la planète
Le low-cost m’a tuer !

Vous ne voulez pas travailler à perte… ?

 Moi non plus ! Rassurez-vous.

Gare aux faux « bons plans »

Macronisation de l’économie – Uberisation & Popérisation de la société

Frénétique et dangereuse course au moins-disant   
Afin que vous puissiez par vous-même vous faire une petite idée sur la question de la rentabilité des services à la personne… et spécialement sur les prestations bradées… :

Pour commencer, il convient d’acquitter – pour les praticiens assujettis – la TVA collectée par l’administration des impôts, soit 20% des honoraires encaissés (1 euro sur 5 y passe…)
Nb : La santé non conventionnelle est fiscalement assimilée à une vulgaire marchandise !

Ensuite, pour ceux entrés dans le système mafieux des groupeurs, vient la rétribution au dealer qui peut aller jusqu’à 50% du tarif public promotionnel (lui-même pouvant déjà être remisé de 50%)… ! 

Puis arrivent toutes les autres charges : loyer, énergies et fluides, fournitures et consommables, impôts divers, formation professionnelle, et aussi amortissements du matériel, etc.
Et en dernier seulement se profile - pour le praticien indépendant - une toute hypothétique rémunération… À titre de comparaison… au 01/01/2013, le (seul) SMIC horaire incluant les charges patronales et la provision pour congés payés est de l’ordre de 12 € (au minimum, après abattement et sur la base de 35 heures hebdomadaires).

Autant vous dire qu’au bout du compte, il ne reste souvent plus grand-chose pour le prestataire de service sous-traitant de dealer – si d’aventure il reste encore quelque chose… non seulement dans le tiroir-caisse… mais aussi - et particulièrement - du "service" !
Et puis surtout, surtout, à ces tarifs-là, il ne faut vraiment pas avoir de (grande) formation (compétence) à amortir… ! D’autant que les (bonnes) formations sont rarement gratuites et que sans formation initiale conséquente et sans formation-continue très régulière, l’on est très vite largué, « à côté », comme on dit usuellement ! Il est, sur le marché, des praticiens qui ont une formation ou une expérience plus – ou, si vous préférez, moins – que sommaire.

Aujourd’hui on rase gratis ! Et demain… on met la clé sous la porte.
Et d'autres inconscients, hélas, prendront la relève


Franchement, aimeriez-vous durablement vous faire exploiter de la sorte… et plus est, gratuitement (au mieux)… et (au pire) en y mettant de votre poche ?! Mais fichtre alors qu’est-ce qui peut bien motiver l’embarquement dans une telle galère ?... La sous-activité chronique ? La course (désespérée) au chiffre d’affaires ? Gagner des parts de marché ? Élargir son carnet d’adresse, son fichier clients ? Accéder à la notoriété ? Se voir - l’espace d’un jour - en haut de l’affiche ?…

En tous cas, hormis les exceptions que l’on fait - volontiers et de bonne grâce - à ceux ayant peu de ressources pécuniaires - et il y en a de plus en plus -, dealer ainsi en rond, à la chaîne, n’est certainement pas durablement vous rendre service ! (…) Il me semble que les praticiens qui s’engagent dans cette tenaille infernale font leur la célèbre - et redoutable ! - conjecture de l’épicier déficitaire : « Je perds un peu sur chaque produit que je vends… mais qu’importe ! je me rattrape sur la quantité » !

Bien malin celui qui, à un bout ou à l’autre du deal, ne s’y brûle pas, un jour ou l’autre. Ce qui du reste n’empêche en rien un probable retour de bâton (effet boomerang) pour les métiers et secteurs d’activités concernés, dans leur ensemble, voire in fine pour l’économie toute entière.

Cette course outrancière du moins disant au encore moins disant enclenche la spirale infernale du nivellement par le bas. De l’aplanissement, de l’aplatissement, de l’écrasement sous et par la médiocrité. Et par la perpétuelle surenchère déflationniste, le cycle s’intensifie… Toujours plus bas, toujours plus médiocre, toujours plus minable, etc. Dans tous les cas, ces pratiques ne favorisent pas la qualité… mais la triche !

Parfois, l’entrée est gratuite… et la sortie… payante !

Dis, c'est qui qui paye quand c'est gratuit ??

Santé publique ou profits privés : il faut choisir
Imposture – Usurpation – Collusion – Racket
Véritable mise sous tutelle de la santé par la finance – Avec la complicité des Pouvoirs publics
Le juteux business des marchands d’illusions

La panacée : cumuler le commerce de la maladie et le commerce de la santé
Non seulement le giga-marché de la maladie est depuis belle lurette aux mains de Big Pharma, la toute puissante - et hégémonique - industrie pharmaceutique(*), mais de plus, le marché de la santé prend distinctement la même direction. Pas étonnant que le système dans son ensemble soit beaucoup plus intéressé par la maladie (y compris la vôtre) que par la santé !

(*) : Cette industrie présente une rentabilité à faire pâlir d’envie n’importe quel autre secteur d’activité ou entreprise. Juste quelques ordres de grandeurs significatifs… Le secteur pharmaceutique qui pointe au 3e rang mondial en termes de capitalisation boursière (2 000 milliards de dollars), réalise 120 milliards de dollars de bénéfices annuels. Ce qui place, et de très loin, cette industrie affichant une rentabilité moyenne de 20% (bénéfices exprimés en pourcentage du chiffre d’affaires) à la première place mondiale. Avec une croissance annuelle insolente de 8,8% (!), le marché mondial de la pharmacie a passé la barre symbolique des mille milliards de dollars de chiffre d’affaires (2014). Et les perspectives de développement pour les années à venir restent durablement au beau fixe, portées notamment par la demande des pays émergents et un essor particulier des laboratoires locaux et/ou de niches.   

Le grand public ignore généralement que depuis des années les laboratoires pharmaceutiques consacrent davantage d’argent à la publicité qu’à la recherche. Et que seulement 50% des médicaments commercialisés seraient véritablement utiles.
Par ailleurs, en France, nous chérissons tout particulièrement les médocs. Au point de transformer ses adeptes-consommateurs accros en véritables armoires à pharmacie ambulantes… Et, cerise sur le gâteau, non contents d’en consommer une fois et demie plus que nos voisins… nous les payons aussi de 5% à 50% plus chers qu’eux. Mais très vraisemblablement, par la magie de nos beaux cerveaux cartésiens et de notre bel hexagone de synthèse, disposent-ils chez nous d’une efficacité autrement supérieure… Cocorico !
N'est-il pas dit que « la santé n'a pas de prix » ? Le prix des uns, c'est manifestement le coût des autres.

Près de deux siècles et demi après sa formulation, la sentence de Voltaire (1694 - 1778) semble avoir, en ce début du 21e siècle, gardée quelque pertinence : « Les médecins administrent des médicaments dont ils savent très peu, à des malades dont ils savent moins, pour guérir des maladies dont ils ne savent rien. »

Grandeur et décadence d’une profession emblématique

La fabrique de maladies
Le commerce de la maladie ou la médicalisation à outrance          

Les maladies se multiplient tout comme les malades(*1). Tout est devenu prétexte à médication, malgré les scandales récurrents.
Où pour exemple, la progression hallucinante de la part des enfants sous psychotropes(*2) ou bien l’irruption du très commun – et très contagieux – trouble dysphorique du lundi matin – lui-même consécutif au syndrome du dimanche soir(*3) – n’en sont qu’une des larges, pathétiques et tristes illustrations.

Tout se monnaye – et parfois de manière insoupçonnée –, malgré une façade bien trompeuse de (soi-disant) gratuité et générosité (cf. les records de déficits atteints par l’Assurance Maladie et, parallèlement, les chiffres d’affaires pléthoriques engrangés par son donneur-d'ordre-fournisseur-créancier, l’industrie pharmaceutique).
Cherchez donc l’erreur.

(*1) : Ainsi, par exemple, est-il bon de se souvenir que les abaissements successifs de la norme du cholestérol en 1996 et 2006 (respectivement à 2,2 g/l puis 2,0 g/l) ont d’un coup d’un seul, mécaniquement – et artificiellement – fait gagner des millions de patients potentiels supplémentaires au complexe pharmaco-industriel.

(*2) : 120 000 enfants et adolescents étaient sous antidépresseurs en 2003 selon une étude de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. À l’échelle planétaire, les prescriptions de psychotropes à des enfants a augmentée de plus de 250% durant la première décennie de ce 21e siècle…

(*3) : 52% des français déclaraient avoir le blues en chaque fin de dimanche et, en conséquence, passer une mauvaise nuit en songeant à la reprise du lundi matin, selon l’étude menée parMonster en avril 2008. Cette même étude nous révélait que la moyenne mondiale se montait à 62% (!), les américains et les anglais étant les plus touchés (70%) et les danois et norvégiens les moins atteints (31%) ! 
Alors si vous aussi vous ressentez ce signal d’alerte, consultez sans tarder votre médecin… Il vous prescrira le remède ad hoc.

(…)

« Tout homme bien portant est un malade qui s’ignore » avertissait déjà, très lucide, le bon Dr Knock (Jules Romains, 1923)

Longue série de _lâtries : idolâtries, chimicolâtrie, moléculâtrie, vaccinolâtrie, iconolâtrie,…
(…)

 « Ne faisons plus de notre corps une boutique d’apothicaire. » (Molière) (1622 – 1673)

La médecine tout automatique
Médecine industrielle presse-bouton    
(…)

Liaisons dangereuses dans une transparente opacité – Dé-formation sous forte emprise et très généreux « donateurs »
Totale aliénation aux multinationales de la pétrochimie 

Sous influence ou sous perfusion ?     
Un milieu verrouillé et gangrené par les conflits d’intérêts

La proximité étroite, la collaboration serrée, l’obscur mélange des genres – larges conflits d’intérêts ou bien collusions patentes ?! – entre d’une part, un certain nombre de laboratoires pharmaceutiques, et d’autre part les médecins et les pouvoirs publics ne datent hélas pas d’hier et les exemples ne manquent pas. Tout comme les scandales. (…)

Pour ceux qui ne le sauraient pas, citons quelques ordres de grandeurs pour illustrer ces liaisons dangereuses, voire incestueuses… :      
- L’industrie pharmaceutique finance jusqu’à 98% de la formation médicale continue (source : Sénat, 2006) et 80% du budget de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) (2006).

- 245 millions d'euros de « cadeaux » et de « contrats » (soit près d’un quart de milliards d’euros) ont été distribués par les laboratoires pharmaceutiques aux professions médicales (principalement des médecins) entre janvier 2012 et juin 2014 (source : Regards Citoyens).

- Durant ce même laps de temps (entre janvier 2012 et juin 2014), environ 235 000 « conventions » entre médecins et laboratoires ont été signées. 5 000 bénéficiaires sont recensés. Les plus primés d’entre eux avoisinent les 100 000 euros « d'avantages » (source : Regards Citoyens).  
Voilà pour les contrats recensés. Pour combien d’accords passés sous silence ?

- Etc.

Mains propres ou faux-semblants ?
Où finit le désintérêt et où commence l’intérêt ?      

Depuis des décennies « on » nous promet – enfin, enfin ! - la transparence, toute la transparence sur le sujet. Depuis des décennies « on » la met au défi d’oser enfin se montrer en public. Depuis des décennies « on » l’exhorte de s’auto-réaliser. Depuis des décennies « on » ne cesse de s’adonner à des rites propitiatoires. Depuis des décennies « on » psalmodie des incantations purificatoires… Depuis des décennies « on » affirme – ou plutôt « on » fait mine de – chasser le conflit d’intérêt. La vérité, c’est que depuis des décennies, on nous joue et rejoue la fantomatique Arlésienne ou encore le mélodrame de Fort Alamo.

Et sur le terrain « on » attend toujours un résultat probant, tangible. Pas en théorie, non. En pratique ! Concrètement. Certes, très épisodiquement, à la faveur d’un énième scandale, dans une subite convulsion éructoire, la montagne accouche d’un souriceau… souriceau vite de nouveau ravalé par la montagne. Comme les couleuvres servies - à bon compte - d’un autre côté. Quelques acronymes alors mutent ou se réarrangent… et tout le reste continue tranquillement, comme avant, de baigner dans la même opacité et les mêmes travers.
Au vu du "résultat", les obstructions à la transparence semblent rudement rebelles et acariâtres, voire totalement impossible à lever. Chasserait-on au lance-pierre un serpent de mer ? La transparence serait-elle jalousement gardée par un dragon ?!… que le résultat effectif ne pourrait pas être plus médiocre, plus inconsistant, plus indigent.
(…)

Le lecteur souhaitant un tantinet se rafraîchir la mémoire trouvera quelques rappels de scandales médicaux récents à la page Monde 3 / Tout a un prix - 6.

 

À bon entendeur…

La science sans conscience, la politique sans principe, le commerce sans moralité, les professionnels sans éthique non seulement sont inutiles mais de plus sont nuisibles.

(Sagesse millénaire de l’Inde)

Réalisation & référencement Simplébo, l'agence digitale des indépendants et des petites entreprises   |   Ce site a été proposé par Annuaire Thérapeutes

Connexion